Ces marques qui ont levé le bras droit

« A chaque média sa petite sauce. La TNT entretient une histoire d’amour passionnée avec la Police nationale, Le Toaster une relation fusionnelle avec le Troisième Reich ». Corroborons les propos du rédac’ chef avec un treizième article taggé d’un mot-clé nommé « nazi ».

Introduction sans embages : nazi = publicité. Rien de très subversif là-dedans, Frédéric Quatre-Vingts Dix-Neuf-Francs est passé par là bien avant nous :

[…] la publicité est une technique d’intoxication cérébrale qui fut inventé par l’Américain Albert Davis Lasker en 1899, elle a surtout été développée avec beaucoup d’efficacité par un certain Joseph Goebbels dans les années 1930, dans le but de convaincre le peuple allemand de brûler tous les juifs.

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Goebbels fut un concepteur-rédacteur émérite : DEUTSCHLAND ÜBER ALLES, EIN VOLK, EIN REICH, EIN FÜHRER, ARBEIT MACHT FREI. Gardez toujours cela à l’esprit : on ne badine pas avec la pub.

Joseph Goebbels était donc monté d’une belle plume. Certes. C’est vite oublier la créativité dont on fait preuve les marques qui ont surfé sur la vague gammée. Preuve que la quête de la « tendance » a toujours fait führer chez les communicants.

 

1) Hugo Boss, collection printemps-été 1934

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Avant d’afficher plus de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014, la petite entreprise d’Hugo Ferdinand Boss a traversé quelques crises. En 1929,alors que les banquiers se suicident aux États-Unis, le tailleur de Stuttgart est contraint de licencier huit employés. Reconverti dans les tenues de chasse et autre vêtements régionaux, Hugo se rapproche du NSDAP.

Une fois encarté, il intègre le premier cercle d’amis d’Hitler et devient le designer officiel des uniformes de la Wehrmacht, des SS et de la jeunesse hitlérienne .

Épilogue : en 1944, notre tailleur se voit tamponner « d’opportuniste du Troisième Reich ». Quand sonne la paix, il est privé de ses droits civiques et condamné à une lourde amende. Il décède en 1948.

Quant à l’entreprise, ce n’est qu’après une lourde psychothérapie (et quelques révélations du Washington Post en 1997) qu’elle accepte enfin de regarder vers son passé. La société verse 500 000 £ au fond d’indemnisation des anciens travailleurs forcés (dont 140 étaient employés à l’atelier B.O.S.S.) et publie même un ouvrage sur le sujet.

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Faute avouée…

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2) Kodak, photo-souvenir des camps

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On peut être la marque officielle du souvenir et fermer allègrement les yeux sur une partie de son histoire. Kodak et la Seconde Guerre Mondiale, c’est d’abord un choix de management radical : l’externalisation de la production auprès des camps de concentration. Voilà pour la filiale allemande, les autres se contentant de quelques juteuses affaires sur un marché réputé difficile d’accès.

Kodak à cette époque, c’est aussi une entreprise partageant quelques amitiés avec Wilhelm Keppler, principal conseiller économique d’Adolphe H. Une fois ce dernier arrivé au pouvoir, William se permet de suggérer aux dirigeants de Kodak les « bénéfices » que procurerait une vaste opération de licenciement des employés juifs.

Épilogue : condamné à dix ans de prison lors du « Procès des ministres » à Nuremberg en 1949, Wilhelm sera finalement libéré en 1951. Heureusement, une petite photo souvenir a survécu à sa mort (en 1960).

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« Souvenir de Bavière, 1949 »

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3) IBM, business is business schlampe !

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Avant de faire la promotion des «villes intelligentes», la International Business Machines corporation vendait des trancheuse à viande et des cartes perforées. Étrangement, ce sont les secondes qui intéressèrent le plus les nazis.

En 1933, IBM rachète Dehomag son équivalent allemand, dont le best-seller, la « Hollerith D-11», offre le premier recensement à Hitler. Les juifs sont fichés et les résultats de la filiale s’envolent. Elle devient le soldat le plus efficace de la multinationale.

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IBM, force brune !

Durant la guerre, IBM arrose les deux camps belligérants, réalise des profits faramineux, mais se fait griller par le FBI pour ses accointances gammées.

Le PDG Thomas Watson décide alors de faire entrer ses amis embarrassants au conseil d’administration de Dehomag et déclare l’entreprise gérée par IBM Genève. Une manœuvre qui lui permet de continuer à louer ses machines au régime nazi. Elles serviront notamment à comptabiliser les montées et descentes des trains de la mort.

Épilogue : en tant que « propriété américaine », IBM termine du côté des vainqueurs et propose gentiment ses services pour la traduction simultanée du procès de Nuremberg.

Dès 1947, Thomas Watson renomme habilement la Dehomag  « IBM Deutsch-land ».

En 1980, la fameuse « Hollerith D-11» (sur laquelle on aperçoit un logo « IBM ») termine au musée de l’holocauste à Washington.

2000 est l’année des remords :  l’entreprise verse 3 millions pour un fond « d’indemnisation globale des victimes du nazisme ».

2001 est celle des révélations : le journaliste Edwin Black publie « IBM et l’holocauste ». L’entreprise ne dément aucune des accusations et poursuit son chemin (le cours de l’action perdra seulement 1% le jour de la sortie du livre).

 

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Encore soif de marques nazies ? La prochaine fournée arrive dès la semaine prochaine ! #ford #nestlé #allianz

Bisou sur la joue (droite),
Georges.

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