Pourquoi Stallone est le mec le plus cool du monde

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Je t’entends déjà me dire que Stallone, c’est du cinéma de décérébré, que ce ne sont que muscles, guns et reaganisme. Comme souvent dans les clichés, il y a une part de vérité, mais tu pourrais être surpris.

Un mec parti de rien

On va commencer par là, parce que c’est ce que tu attends : oui, Stallone a tourné dans un film érotique, rebaptisé « The Italian Stallion » suite au succès de Rocky. Pourtant, cela n’avait rien d’une vocation : l’acteur a fait cela pour un cachet de 200€ à une époque où il vivait au jour le jour, une période difficile.

Une gueule 

Oui, Stallone, c’est une gueule, une force de la nature (même avant les stéroïdes), et un jeu d’acteur bien plus subtil qu’il n’y paraît, malgré une asymétrie qu’il n’assumait pas (et qu’il s’est fait corrigée à coup de scalpels) et une paralysie faciale. Vas-y, maintenant remue les foules avec une moitié de visage ! Et va fumer le cigare avec autant de classe.

Un auteur 

Mais Stallone en a dans la caboche : il écrit le scénario de Rocky, qui raconte l’ascension d’un boxeur de seconde zone, issu des quartiers pauvres de Philadelphie, et se bat pour obtenir le rôle principal. C’est un succès, et contrairement à l’idée reçue, Rocky ne gagne pas à la fin du premier film. Peu après, il interprète John Rambo, un vétéran du Vietnam devenu SDF, mis en marge de la société. Ce film, dans lequel il n’y a qu’un seul mort, est un véritable portrait d’une Amérique qui ne digère pas sa défaite au Vietnam, et qui a transformé ses soldats en machine à tuer. Deux rôles forts au possible pour deux classiques du cinéma.

Un réalisateur 

Rapidement, Sly passe de l’autre côté de la caméra, et signera notamment une bonne partie de la saga Rocky, le premier Expendables, mais aussi des films plus étonnants tels que Staying Alive, avec John Travolta.

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Des muscles et de l’Amérique

Malheureusement pour lui, Stallone reste principalement connu en tant qu’Action Star ultime des années 80, avec les suites de Rocky et de Rambo. Ces dernières donnent une autre image de l’Amérique, empreinte d’une idéologique reagannienne qui pue bien, d’explosions, et de massacre de communistes par un personnage presque dénué de sentiments, à des années-lumière du béret vert atteint de troubles post-traumatiques. C’est d’ailleurs de cette époque que date la marionnette Monsieur Sylvestre des guignols de l’info, incarnant toutes les dérives des Etats-Unis.

Il est toutefois amusant de noter que dans Rambo III, sorti en 1988, Rambo est aidé dans sa lutte contre les méchants communistes par les moudjahidines, qui deviendront 10 ans plus tard les ennemis jurés des Etats-Unis. A noter également qu’une partie des films de cet acabit étaient produits par des Israéliens… je ne suis pas expert sur le sujet mais ça pourra intéresser les politologues en herbe.

Et puis il y a cette réplique quoi :

Stallone dans les années 80, c’est aussi toute une imagerie à la limite du crypto-gay, des corps musclés et huilés filmés en gros plan et avec une certaine insistance et de manière complètement décomplexée.

Oserait-on tourner une scène pareille en dans les années 2010 (les 30 dernières secondes = du bonheur) ?

Malheureusement, cette ascension des années 80 sera suivie d’une traversée du désert tout aussi brutale. Se retrouver à faire un caméo dans Taxi 3 est rarement le signe d’une carrière en bonne santé.

De l’humour 

Mais Sly a du recul, des projets et de l’humour. Bien conscient que son oeuvre est parsemée de films pas vraiment mémorables, voire franchement mauvais, il conclue les sagas Rambo et Rocky avec des films plus proches des opus originaux, et donne leurs ultimes lettres de noblesses au cinéma d’action en créant The Expandables. 

Stallone n’est pas le plus à l’aise en comédie, là où Schwarzenegger a compris dès les années 80 le potentiel qu’il avait à jouer sur la carte de l’auto-dérision. Mais il garde ce quelque chose de touchant, d’émouvant, ce même regard qui dévoilait un homme sensible derrière une carrure parfois pataude. Et quand Stallone fait de la comédie, c’est globalement assez maladroit, mais c’est là que ça en devient drôle.

Donc…

J’espère t’avoir donné envie de voir ou revoir certains films, que ce soit des classiques du cinéma (Rocky I, Rambo I) ou des classiques du nanar (Rambo III, Cobra, etc.).

Sly, je t’aime,même si tu ne ressembles plus à un humain et que tu peines à courir.

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