Lastman, au croisement des genres

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Aujourd’hui, j’avais pas envie de te balancer une anecdote mais plutôt de te parler de culture. De culture bayday, surtout.

On a tous grandi avec des influences BD différentes. Moi, par exemple, je ne suis pas très fan de BD Franco-Belge. J’en ai lu pas mal, et je peux te dire que mon chouchou est et restera Gaston Lagaffe  en terme de BD Franco-Belge classique. Franquin est un génie de la narration (lis juste ses Idées Noires). Comme tu l’auras remarqué, ma came c’est les comics. Et j’ai lu pas mal de mangas.

Force est de constater que la BD (je vais le raccourcir comme ça parce que rajouter « Franco-Belge » derrière, c’est long) a grave évolué en 20-30 ans. Les genres ont muté. J’ai notamment remarqué un tournant au moment de la sortie de Lanfeust de Troy. Là, j’ai un peu ouvert les yeux et me suis rendu compte qu’il y avait plein de genres, de styles différents qui existaient. C’est pas pour autant que j’en ai lu plus, d’ailleurs. Je suis resté dans les comics/mangas.

En parallèle, j’ai suivi MASSE de blogs BD. Pourquoi ? Déjà financièrement. T’es au lycée, t’as pas de thunes, tu claques pas 13 boules dans un album de BD que tu vas lire en 20mn. Du coup le blog BD, vu que c’est gratuit, bah t’en consommes beaucoup. Je crois que quand j’ai découvert Boulet en 2006, j’ai remonté TOUTES ses notes. De même avec Maliki, Cha, Slo, Laurel, etc.

Aujourd’hui, tous ces blogueurs BD ont évolué aussi. Certains ont lâché leur blog pour sortir des albums, d’autres continuent à un rythme moins soutenu. En fait, le blog BD s’est imposé comme un nouveau média : le web avec tout ce que ça comporte. Ce genre vient nourrir d’autres objectifs. Auparavant, tu comptabilisais ton succès grâce au nombre d’albums vendus, approche purement « quanti ». Le blog BD, c’était plutôt « quali ». Déjà tu vends rien mais en plus les gens, les consommateurs finaux jugent ton travail directement, grâce au très ingénieux module de commentaires. Plus d’intermédiaire comme la maison d’édition.

Du coup, ces auteurs se sont fait repérer et aujourd’hui sont édités. Et là, t’as un vrai tournant dans l’évolution de la BD. Le digital a transformé l’industrie à mon sens.

Mais tout ceci n’est qu’une intro. Parce que ce dont j’ai envie de te parler, c’est Lastman. Je l’ai découvert quand j’ai rejoint l’organisation du Festiblog/We Do BD. J’ai (re)découvert pas mal de trucs, en vrai. J’ai remis un pied dans la BD grâce à ça. Puis aujourd’hui que j’ai un salaire, j’ai moins de scrupules à lâcher 15 boules dans un tome de BD. Surtout que je suis rarement déçu.

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Donc Lastman, c’est quoi ? Le genre est particulier. Je dirais que c’est un savant mix de BD, comic book et manga. Et ça, c’est parce que les créateurs Balak, Bastien Vivès et Michaël Sanlaville ont baigné dans ces cultures. Lastman, c’est l’oeuvre aboutie de 3 mecs qui sont plongés dans la pop culture. Balak, qui a mis au point le Turbomédia, un format de lecture dynamique, est un visionnaire en termes de story board, de narration, de storytelling. Bastien Vivès, t’as un peu l’impression que c’est un pur produit de la génération Y qui dessine un peu à l’arrache, mais en vrai, c’est un petit génie. Parce que ses points de vue sont choisis, que tout sert le scénario. Polina est une petite perle de BD. Michaël Sanlaville, lui, a un trait très fin, très justement posé et joue parfaitement avec les proportions. Associe-le au « brouillon-mais-réfléchi » Vivès et là, t’as un truc assez ouf.

Donc Lastman, ça m’a posé une grosse disquette en 7 tomes parus. Et je te promets qu’il en faut. Tu vois 3 personnes s’hybrider complètement dans une œuvre fantastique, pseudo-réaliste avec des personnages forts. Et ça, c’est foutrement important. Tu peux raconter l’histoire la plus banale du monde, si tes personnages sont bien travaillés, ça passe.

Et bah Lastman, c’est pas ça. Des personnages ultra bien travaillés et un scénario qui te surprend de case en case. Ou de tome en tome.

Pourquoi lire Lastman ?
Parce que même si beaucoup de gens vont y voir un manfra, (terme très apprécié des auteurs, d’ailleurs) je trouve que c’est plutôt un savant mélange de manga, BD et comics. Manga parce que ça fait plus ou moins 200 pages, c’est en noir et blanc et que ça pourrait être un super bon shônen. BD parce que les découpages, les actions sont rudement bien réfléchis, comics parce que c’est épique, juste.
En plus de ça, t’as des stickers dedans. Un truc un peu fanboy mais vraiment cool pour les fans. Et les chroniques des auteurs qui sont tout de même hilarantes.

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De quoi ça parle ?
D’Adrian Velba. Un petit garçon qui vit dans un monde fantastique, La Vallée des Rois. Il va participer à un championnat d’arts martiaux en utilisant une forme de magie. Seul hic, il faut être deux, et il est tout seul. Arrive alors Richard Aldana, un genre de Sly à l’époque Rocky. Balèze, le mec. Il va aider Adrian dans le seul but de gagner la coupe. Aldana ne fait pas de magie, il vient même pas de la Vallée des Rois. Lui, c’est un boxeur, à l’ancienne, qui décoche de sacrées patates de forains. Alors t’imagine bien la tête de ses concurrents quand ils le voient débarquer : ils ne comprennent rien.

L’histoire avance et des mystères se soulèvent. Qui est Richard ? D’où vient-il ? Quelle est son histoire ? Et là, je vais pas t’en dire plus parce que vraiment, il faut que tu le lises. Limite, Lastman, ça se vit.

Tu peux y voir pas mal de codes du manga, de la BD des comics, mais surtout des trucs qui parlent à la génération 25-35 ans.

Ce que j’aime particulièrement, c’est le ton, les dialogues, les scènes d’action, le scénar. C’est ultra bien foutu.  Tu te laisses porter par Lastman, tu sais pas où ça te mène mais tu kiffes grave. Le ton utilisé est très familier : pas de phrases alambiquées. Les scènes d’action, c’est ce qui te rappelle le plus le genre manga, je pense. J’ai un peu l’impression d’y voir du shônen, donc un truc ultra dynamique. Et le scénar, il est juste surprenant au fur et à mesure que tu avances dans la lecture. Tu peux y voir pas mal de références (genre les frères Bogdanoff, des anachronismes aussi).

Bref, je te conseille de lire Lastman.

Petit plus : une série animée en préparation et un jeu vidéo qui sort très bientôt. Lastman s’impose sur du cross-media et ça, c’est très plaisant et palpitant. En plus le jeu, LastFight, il est grave cool !

[EDIT de LCS : La série animée est un bijoux et la BD envoie du steak, je ne suis pas du genre fanboy mais là je m’incline]

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Des bisous,
Tim

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