On est allé voir « Loin des Hommes », avec Viggo Mortensen et Reda Kateb

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Métro George V, 19h30. Je fonce à travers la pluie vers le cinéma Pathé-Gaumont et m’enfonce dans ces escaliers étroits pour rejoindre une salle de projection privée, dans laquelle sont déjà installées une vingtaine de personnes.

Vous noterez que je suis venu seul, car malgré le fait que nous soyons 6 rédacteurs, pas un seul n’a été foutu de m’accompagner. Merci les mecs. Vous avez eu tort, vous avez perdu une occasion de voyager durant 1h40.

Quand t’es dans le désert…

Adapté d’une nouvelle d’Albert Camus, le film nous plonge au beau milieu de l’Algérie des années 50, juste avant la guerre. On y découvre alors les destins d’Aru, un ancien soldat d’origine Andalouse devenu instituteur, et de Mohamed, un berger coupable d’avoir assassiné son cousin. Le premier doit escorter le second afin que ce dernier puisse purger sa peine (la mort).

S’ensuit alors un voyage à travers le désert, au cours duquel les deux hommes vont se découvrir : deux hommes qui ont toujours (ou depuis longtemps) vécu loin de la civilisation, et à qui les problématiques de l’époque semblent échapper, de par leur éloignement, mais aussi de par leur nature. Difficile en effet de choisir son camp lorsque l’on a soi-même une identité multiple, qui par essence n’est pas clairement définie…

En ce point, j’ai trouvé que le film visait particulièrement juste, que son propos est à la fois universel et intemporel. La question de l’engagement et de choisir son camp, notamment en temps de crise ou de guerre, est vieille comme le monde.

Sur cet aspect, l’intrigue de « Loin des Hommes » aurait pu se passer ailleurs qu’en Algérie, mais cela nous aurait privé des magnifiques paysages du film : on ressent la sécheresse, le vent, la pluie et toutes les intempéries que traversent les deux hommes, dans des espaces gigantesques qui n’en font parfois que de minuscules silhouettes au loin.

Deux acteurs au sommet

Outre ces décors et cette ambiance, les stars de ce film sont bel et bien Viggo Mortensen et Reda Kateb. Honte à moi, j’ai réalisé en regardant le film que je n’avais pas vu beaucoup de longs métrages dans lesquels Viggo était à l’affiche, et que je connaissais assez mal la filmographie de Reda. Cette erreur sera vite réparée.

Viggo semble pleinement s’épanouir : on ressent chez l’acteur une véritable envie de s’engager dans des projets qui lui tiennent à coeur, « des films que j’aimerais aller voir au cinéma », a-t-il déclaré lors des échanges qui ont suivi le film. Quitte à mettre la main à la poche, puisqu’il est également co-producteur. Polyglotte, il joue l’intégralité de ses scènes dans un français impeccable, mais aussi en Arabe et en Espagnol. Une vraie leçon de performance, mais aussi d’humilité.

Reda Kated, difficilement reconnaissable entre son rôle et l’homme qui se tenait face à nous, est quant à lui impressionnant de fragilité, de souffrance, et de candeur.

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LCS et Viggo, coup de foudre.

 
Seul bémol : le film manque de présence féminine et se place uniquement du point de vue des hommes, dommage. Il nous réserve toutefois une scène d’une rare tendresse, mais je n’en dirai pas plus…

Ah oui, et arrêtez de lui faire dédicacer vos coffrets du Seigneur des Anneaux les gens, sérieusement…

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Chapeau bas au monsieur qui a réussi à faire tenir son sticker à Viggo tout le long de la séance photo

 


Prends soin de toi et va au ciné,

LCS

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