Séries : pourquoi on parle de Soap Opera

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Tu es probablement du genre Netflix, ACM ou HBO, et pourtant les Soap Operas comptent parmi les séries les plus lucratives.

Depuis sa création et jusqu’aux années 2000, la série télé n’avait pas vraiment la cote auprès des critiques et des « gens de bon goût ». Il faut dire qu’il était difficile d’y trouver son compte si l’on n’était pas adepte d’histoires sentimentales.

Certes, il y a avait bien quelques séries sympathiques, telles qu’Amicalement Votre, Chapeau Melon et Bottes de Cuir, ou plus tard Mc Gyver et Code Quantum, mais même dans ces dernières, le scénario, la réalisation et le jeu d’acteur n’étaient pas à la hauteur des productions cinématographiques.

L’une des seules qui avait tiré son épingle du jeu était la fameuse Twin Peaks, qui explorait les personnages et les thématiques abordés de manière plus poussée, mais elle fait figure d’OVNI pour l’époque de sa diffusion (1989-1991).

Et tout était clairement cloisonné : il y avait les acteurs, réalisateurs et scénaristes de séries, et ceux du cinéma. Seule une minorité passait de l’un à l’autre, et c’était plus souvent de la série vers le cinéma. Parler de Kevin Spacey dans une série TV nous aurait bien fait rire il y a quelques années. Il faut dire que les ambitions étaient clairement mercantiles et ancrées dans une logique de production à la chaîne, ce qui nous amène à nos fameux Opéras Savon.

Leur principale raison d’exister était fort simple : la ménagère de moins de 50 ans. Oui, celle de tes cours d’économie au lycée, celle que les publicitaires ont toujours chérie.

Au début du 20e siècle, on remarque en effet que les audiences radio les plus élevées se situent en journée et en semaine. On relie rapidement ces périodes à la présence des femmes à la maison, et au fait que ces dernières sont à l’origine de près de 85% des achats de produits ménagers.

Tu le vois pointer mon gros band content ? Tu l’aperçois le bout de mon storytelling ?

Voilà donc que débarquent les premières propositions d’émissions radiophoniques sponsorisées par des fabricants de savon et autres produits ménagers. La première société à se lancer sera Cheseborough Manufacturing. Le nom ne te dit probablement pas grand chose, et c’est normal, mais sache que c’est société à l’origine de la vaseline. En 1928, NBC diffuse donc Real Folks of Thomkins Corners, au cours duquel le produit est régulièrement évoqué. Mais tout cela reste bien léger par rapport à la suite.

A partir des années 40, les Soap Operas débarquent à la télévision, toujours avec les mêmes recettes scénaristiques mêlant eau de rose, conflits et rebondissements en pagaille. Là, le placement de produit est complètement assumé, puisque Procter & Gamble, qui a arrêté ses activités de Soap Opera en 2010, déclarait sur son site internet à l’occasion de la fin de la série As The World Turns  :

For the past five decades, As The World Turns has been entertaining audiences in the U.S. and around the world and providing P&G a platform for our brand messages. (Pendant 50 ans, As the Word Turns a diverti les américains et le reste du monde tout en nous (Procter & Gamble) fournissant un support pour nos messages de marque).

Patrick Le Lay n’a rien inventé avec son temps de cerveau disponible.

En France, nous avons Plus Belle La Vie. Bien que n’étant pas sponsorisée par des marques de savons, la série est particulièrement performante : c’est le programme le plus regardé de France 3, et selon une étude de 2015, compterait plus de vues en streaming que Game of Thrones.

En bonus ce passage magnifique de PBLV :

Sur ce, je pars à la recherche de ma foi en l’humanité.

Prend soin de toi,
LCS

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