Harry Potter : les nouvelles technologies à l’épreuve

Si par le biais d’Harry Potter, J.K Rowling a créé un monde magique dénué de technologie de l’information et de la communication, elle a aussi légèrement modifié le monde réel. Zoom sur la chronologie de l’œuvre, ses anachronismes et ses quelques défauts.

La saga Harry Potter n’a d’ancrage dans le temps que par le biais de ses décors multiples voir foisonnants. Les descriptions de la vie londonienne des personnages principaux – soit avant leur entrée à Poudlard ou durant les vacances scolaires – semblent refléter notre société moderne. La voiture de M. Dursley, l’ordinateur de Dudley et ses jouets électroniques sont autant d’indices qui présagent d’une société moderne disposant de toutes les connectivités auxquelles, nous, pauvres adulescents, sommes complètement dépendants. Des petits malins se sont même amusés à rédiger une chronologie détaillée propre au monde d’Harry Potter. En la lisant, certains détails peuvent faire sourciller voir sourire comme celui-ci : au début du tome Harry Potter et la coupe de feu, au cours d’un certain été 1994 selon la frise chronologique, J.K Rowling détaille le bazar qui règne dans la chambre de Dudley et parmi les jouets : une Playstation. Cependant, celle-ci n’est pas une experte en matière de nouvelle technologie, la preuve en est que cette console de jeu, même au Japon, n’est sortie qu’en décembre 1994. Voilà un anachronisme intéressant qui laisse un lecteur averti penser qu’à Londres, on est drôlement en avance d’un point de vue technologique.

Voyage dans le passé, si Harry Potter avait eu internet

Et pourtant, au cœur du monde des sorciers, tout est différent. L’univers est cette fois-ci plutôt moyenâgeux, les murs froids du château n’évoquent rien de très moderne ni quoi que ce soit qui ait à voir avec les nouvelles technologies. Aucune considération vestimentaire n’a sa place dans ce monde-là. Robes de sorciers obligent, il est donc impensable d’imaginer un ordinateur en plein cœur de la bibliothèque. Et pourtant, J.K. Rowling aurait économisé un certain nombre de pages et par la même épargné la vie d’un bon million d’arbres en intégrant cet ovni du futur dans son récit. Le premier tome des aventures du petit Harry aurait alors été réduit à néant, ou presque. Inutile de relire Harry Potter à l’école des sorciers, voici un rappel de la quête principale : « Harry entre à l’école de sorciers, Poudlard, où le professeur Albus Dumbledore est directeur.  Après sélection par le Choixpeau magique, il entre dans la maison des Gryffondor et se fait de très bons amis : Ron et Hermione. Harry entre rapidement dans l’équipe de Quidditch de sa maison. Mais il découvre bientôt l’existence d’un complot à l’intérieur de Poudlard. » Pour aller un peu plus loin que le résumé de l’encyclopédie en ligne Wikipédia, le complot concerne la pierre philosophale cachée et protégée au sein de Poudlard. Tout au long des 232 pages, Harry et ses petits copains cherchent qui est le fameux Nicolas Flammel, en fin de compte le créateur de la pierre. S’enchainent alors des allers-retours à la bibliothèque, des recherches interminables dans de multiples livres, tous plus étranges les uns que les autres. Évidemment pas d’ordinateur avec une base de données à interroger ou un quelconque moteur de recherche. Ce qui parait plutôt normal dans le but évident de coller avec l’époque. Et pourtant, si Harry avait capté un réseau wifi avec sa baguette en bois de houx et plume de phénix, chaque lecteur aurait pu être épargné d’environ 150 pages de recherches inutiles et les apprentis sorciers auraient gagné du temps. Imaginons donc une solution alternative. Si internet n’existe pas dans le monde des sorciers, pourquoi ne pas imaginer un sort ou une quelconque formule magique pour aboutir au même résultat qu’une recherche sur le net ? Les aventures d’Harry auraient été moins drôles, je vous l’accorde. Mais il est aussi tout à fait imaginable que, quelque part, J.K. Rowling était bien contente de ne pas inclure ces détails technologiques à son récit pour ne pas risquer de se planter…

En un tour de clic !

J.K Rowling a su mettre sur pied un univers unique dont chacun a rêvé dans sa plus tendre enfance, celui dans lequel chacun peut donner forme à ses moindres désirs grâce à un modeste bout de bois. Et si, finalement, le monde moderne le permettait déjà ? Évidemment, il est encore impossible de voler sur un balai pour se rendre au travail ou de disparaitre avec de la poudre d’escampette. Cela dit, il est possible d’entretenir une conversation avec un ami qui est à l’autre bout du monde ou encore de visiter un musée virtuellement pour ne citer que ces exemples. Est-ce que le monde d’Harry Potter permet cela ? Non, de toute évidence, pas de téléphone, de texto, de mail ou d’ordinateur. Et pourtant, il aurait été beaucoup plus simple pour Harry de contacter son oncle en cavale, Sirius Black, avec un simple texto plutôt qu’avec un message transporté par un hibou qui peut mourir de fatigue ou sous les intempéries en cours de route. De même, s’il y avait eu un ascenseur dans le château, les élèves ne se seraient pas épuisés à monter et descendre une dizaine d’escaliers qui grincent et qui n’en font qu’à leur tête. Une question me trotte encore dans la tête, comment les salariés du Ministère de la magie peuvent faire leur travail efficacement sans ordinateur… ? Une tripotée de monde doit donc sûrement travailler au sein de cette institution pour abattre un tel travail sans connexion. Le monde de la magie d’Harry Potter ne connait pas la crise, c’est évident ! Et pourtant, la pauvreté existe, la famille Weasley et sa maison biscornue en est la preuve. Ron arrive à Poudlard avec son rat, Croûtard, au lieu d’un hibou comme le reste des élèves. Ses robes de sorcier sont démodées puisqu’il les a récupérées auprès de ses frères plus âgés tout comme sa baguette*. Pourtant, il paraitrait assez simple de faire apparaitre un sac d’or ou n’importe quel objet nécessaire en deux ou trois moulinets de poignet. Apparemment là aussi les lois de la finance gouvernent et s’organisent avec l’aide de la banque Gringotts.

Monde magique versus monde moderne

L’utopie veut que chacun d’entre nous imagine un monde magique où il peut tout faire, sans aucune limite. Mais en se penchant sur la question, le monde d’Harry Potter ne correspond pas à ce rêve et le monde moderne non plus. L’idéal, de toute évidence, serait de pouvoir se rendre au travail en balais et une fois là-bas pouvoir consulter ses mails et envoyer un texto. Un monde comme celui-là ressemblerait plutôt à celui du film, le cinquième élément soit un savant mélange entre deux époques : notre présent et notre futur. Mais ça, c’est un autre sujet.

*Soit dit en passant, cette histoire de baguette ne tient pas debout sachant que , normalement, la baguette choisit son sorcier sinon il ne peut pas s’en servir.

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