HTML5 : attention aux illusions

HTML5 : la simple évocation de cet acronyme est aujourd’hui un mot magique, une formule qui permet à toute web-agency qui se respecte de vendre un site plus cher certes, mais qui sera plus beau, plus fluide, plus ergonomique, qui fera le café et ira voir ta belle-mère le dimanche midi. Mais qu’en est-il vraiment ?

« Tiens, pour ce projet on a qu’à faire un site en HTML5, ce sera bien tsé ». Quiconque a mis les pieds dans une agence de communication lors des 3 dernières années a forcément entendu cette phrase. Un phrase qui fait son effet. Pourtant, HTML 5 est à la fois une révolution, une arnaque et un cadeau empoisonné. Loin de moi l’idée de vous dire que cet engouement n’est pas fondé. HTML5 a apporté (et apporte toujours) énormément au web : possibilité de lire des médias sans plugins, de faire fonctionner des contenus interactifs sans technologie tierce (coup dur pour Flash)…et un couplage avec des technologies telles que CSS3 et Javascript qui permettent un coktail explosif : parallaxe, responsive design (le redimensionnement du site en fonction de la taille de l’écran), animations, jeux qui tournent dans le navigateur, à l’exemple de HexGL :

Mais outre ces apports assez impressionnants, il n’en reste pas moins qu’on a tendance à employer « HTML5 » à toutes les sauces, et pas toujours les plus digestes. Un site est beau et interactif ? Ce doit être de l’HTML5 ! Un site est vieillot et moche ? Ce doit être de l’HTML 1 ! Pas forcément. HTML5 désigne en fait l’évolution de la structuration des pages. HTML5 , ce n’est ni plus ni moins que la version 5 d’HTML. Ce n’est donc pas une sorte de nouveau langage complètement magique et sorti de nulle part, mais une grosse mise à jour. En effet, la dernière fois qu’HTML avait évolué de manière drastique, c’était en 1997. Autant dire que de l’eau a coulé sous les ponts, laissant une voie royale à la technologie Flash, qui est encore utilisée pour de nombreuses applications : la lecture de vidéos, les jeux en ligne, les bannières publicitaires, les sites interactifs…Mais voilà, HTML5 a de nombreuses cordes à son arc, et déloge peu à peu Flash (développé par Adobe), et les arguments en sa faveur son légion : autonomie (pas de technologie tierce), innovation, optimisation du code source des sites web, certains parlent même d’une meilleur référencement… Mais passé cet émerveillement, attention à ne pas tout mélanger.

En effet, un site peu être vieillot, moche et pas ergonomique pour deux sous, et être codé en HTML5, tout comme un site peut être moderne tape à l’oeil et être codé en HTML. HTML5 n’est qu’un carcan, qui permet d’imbriquer CSS et Javascript afin de composer un mélange -que l’on appellerait alors « Pack HTML5 »- qui constituera effectivement les résultats que nous connaissons tous. Ce qui peut sonner comme une ineptie pour les connaisseurs n’est pas forcément évident pour la plupart des utilisateurs. Si l’on fait l’analogie, ce serait comme de dire qu’une voiture est belle et performante parce qu’elle a telle carrosserie, sans évoquer son moteur ni sa peinture et de ses options. Certes, la carrosserie aidera à mettre en place ces derniers, mais ne les impliquera pas forcément. HTML5 (enfin surtout CSS3) permet les fantaisies graphiques, les effets qui flattent la rétine, l’interactivité, les médias, la mobilité, mais il le permet seulement.

Pour le reste, c’est le travail des créatifs, des consultants, des développeurs de faire avancer ce qui est une réelle révolution dans le domaine du web. Mais comme toutes les révolutions, celle-ci doit se faire en douceur. Tout d’abord parce que tout le monde ne possède pas de bête de course ni de connection ultra rapide (les sites en HTML5 sont encore assez gourmands en ressources). Ensuite, pour des raisons de couts, les folies créatives en HTL5 ayant encore un coût plus élevé qu’en Flash. Enfin, parce certaines mentalités (dont on reste pour l’instant tributaires ) doivent évoluer : les régies publicitaires par exemple, imposent encore Flash pour les bannières publicitaires. Pour combien de temps encore, on ne le sait pas….juste assez pour que la majorité des développeurs soient matures sur la question  ?

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