Klout : enlarge your (digital) penis.

Tous les internautes qui fréquentent les réseaux sociaux (au moins Twitter) ont au moins une fois entendu parler de Klout, l’outil en ligne qui prétend être le « standard de l’influence ». Concrètement, on se connecte via son compte Facebook, Twitter, Foursquare, Linkedin, etc dans le but de découvrir son « score d’influence sociale ».

Le score le plus bas est de 0 et le plus élevé est de 100, même s’il est rare de voir des profils en dessous de 20. Et comme ils sont sympas chez Klout, même avec un score de 20 et 4 followers, on peut se retrouver avec un profil du type explorateur, avec pour commentaire « vous connaissez bien votre réseau et vous savez en tirer le meilleur ». Sans blague !

Le genre de commentaire que peut donner Klout quand on a un score de 20.

Il est assez difficile de savoir sur quoi se base Klout pour mesurer notre influence sociale. Il s’agit a priori de la taille du réseau, de la probabilité d’amplification (en gros les retweets) et du nombre de personnes que l’on influence…mouais.

Le problème avec le score Klout, c’est qu’il flatte chaque utilisateur, mais en fournissant un chiffre qui n’est pas représentatif dans l’absolu. Mon score est de 47. Lady Gaga a un score de 92 : serait elle « simplement » deux fois plus influente que moi? Avec mes 100 abonnés et mes quelques retweets quotidiens face à une star qui fait régulièrement partie des Twitter Trends et qui est l’une des trois personnes au monde à avoir franchi le seuil des 10 millions de followers (avec Justin Bieber et récemment Barack Obama), c’est sur que je lui fais de l’ombre.

J’ai en effet l’impression que Klout se base la proportion entre le nombre de suiveurs et les interactions que l’on a avec eux. Et forcément, avec mes 100 followers, quelques retweets et mentions quotidiens suffisent à faire grimper mon score. On en revient à la métaphore du gros poisson dans un petit bocal. Et se targuer d’avoir un score de 47 quand on a peu de followers, c’est comme être connu à Dijon quand on fait de la musique…N’accablons pas Klout pour autant, si les scores étaient représentatifs de notre véritable influence, nous serions nombreux à avoir un score de 1 face à des Lady Gaga aux scores 10 000 fois plus élevés.

Depuis un mois et demi, j’ai mené (en partie involontairement) l’expérience suivante : je suis parti en vacances et n’ai presque rien posté pendant 3 semaines. Mon score a chuté de 12 points. Ce qui est normal : pendant ce temps, certains se sont désabonnés et je n’ai eu aucune mention ni retweet. Et depuis quelques semaines, je poste à nouveau. Parfois, pendant plusieurs jours d’affilée, je n’ai fait que tweeter des choses sans intérêt : faire du 3615 MAVIE (RIP Minitel), demander à mes collègues quand on allait manger, leur poster des liens débiles, et eux de répondre. Mais mon score n’a fait qu’augmenter. Si bien qu’en trois semaines, j’ai pris 14 points. Essentiellement basés sur des propos dispensables.

J’ai également été aidé par ma recherche d’emploi, que mes abonnés (et je les en remercie) ont jusqu’à présent bien retweetée. Mais ce n’est pas vraiment du contenu (ou alors je vais devenir influent sur le tag #emploi). Pour avoir un gros Klout, il faut chercher du boulot…génial, je suis sûr que ça va plaire à mes futurs employeurs.

Klout m’a également attribué le statut d’influenceur en terme de webmarketing. Certes, je poste pas mal de liens au sujet des réseaux sociaux et de la communication, mais rarement sur le webmarketing. Ou alors, étant donné que Klout est américain, il ne fait pas de différence entre marketing et communication.

Toujours est-il que Klout a un fâcheux défaut : une fois que l’on est allé voir son score une fois, il est difficile de ne pas y retourner. Et s’il encourage à poster, il encourage aussi à faire tout et n’importer quoi pour le voir augmenter, quitte à être tenté par le côté obscur : le personal branling….

Selon les derniers chiffres en date, les hommes seraient beaucoup plus représentés sur Klout que les femmes, alors que ces dernières sont en moyenne plus actives sur les réseaux sociaux. Ce qui n’est pas vraiment étonnant, étant donné les multiples complexes des hommes au sujet de leur entrejambe. Oui, messieurs, Klout a su jouer sur nos instincts les plus bas. Nous avons été dupés. Nous avons adhéré et nous jouons au plus gros concours de pénis au monde. Avec 100 millions d’utilisateurs à qui se comparer, il y a de quoi faire! Parce que même après des milliers d’années d’évolution, nous avons toujours ce besoin de prouver que nous avons la plus grosse (et le sublimer par l’influence digitalo-sociale, quoi de mieux?) C’était inévitable, Klout fait un carton.

Et vous, mesdames, quel est votre score? Êtes vous accros à Klout?

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