Génération Y : l’essentiel à savoir

On parle beaucoup de la génération Y. Peut être trop, à un tel point qu’il devient difficile d’y comprendre quoi que ce soit. Je vous propose aujourd’hui une séance de défrichage sur ce qu’il faut savoir afin (encore une fois) de briller en société.

Tout d’abord son nom : la génération Y succède à la génération X, nom donné aux individus nés entre 1960 et 1979 (les enfants des baby-boomers). Les individus de la génération Y sont nés après 1981. Eric Chester, spécialiste du monde du travail a également publié un ouvrage du nom de « Generation Why », en jouant sur l’homophonie avec le terme anglais. Il est vrai que la génération Y est en perpétuel questionnement. Sur à peu près tout. Le réenchantement est son but. Le désenchantement son quotidien. Compter sur elle, c’est comme transporter une enclume dans un sac à dos : il y a un risque qu’il craque.

Et il y a de quoi :
-elle a vu la génération de ses parents évoluer dans un climat d’insouciance
-elle est destinée à être une des premières générations à vivre moins bien que celle de ses parents. La génération X n’avait certes pas connu la béatitude des Trente Glorieuses, mais la génération Y a encore davantage de souci à se faire).
-elle est destinée à prendre en charge celle de ses aînés (1,4 actif par retraité d’ici 2050) mais est également responsable du bien-être des générations futures (quel avenir laisser ? quelles responsabilités vis à vis des énergies, de l’environnement ? )

D’autres points caractérisent les membres de la génération Y : 

-l’usage courant des technologies informatiques et autres réseaux sociaux

-ils sont certes sensibles à la publicité, mais ont tendance à se fier davantage à leur entourage (ou communauté) lorsqu’il s’agit de prendre des décisions. Ce qui explique l’engouement pour les commentaires autour de produits vendus en ligne, au point même que certains n’hésitent pas à les falsifier.

-une concentration amoindrie par la rapidité de ce qui l’entoure, d’où la multiplication des formats courts de type « Bref »

-une peur de l’engagement (ce qui serait tout de même réducteur pour expliquer le succès de Free Mobile)

-ils sont nés à une époque où le SIDA existait déjà

-les problématiques écologiques font partie de leurs préoccupations

Bien que critiquée, la théorie de la génération Y pointe les interrogations des individus âgés aujourd’hui entre 16 et 33 ans. Il n’y a certes aucune justification de nature socio-démographique, mais plutôt des tendances. A noter également que le concept est exclusivement occidental.

Génération Y = Digital Natives ? 

C’est la grande question. Un digital native est né avec un ordinateur entre les mains. Or peu d’individus de la génération Y ont véritablement grandi avec l’informatique et internet. Même si les 16-33 ans y sont familiers, j’ai tendance à me ranger du côté de ceux qui considèrent que les véritables digital natives voient actuellement le jour, n’auront jamais connu les supports dits « analogiques  » (disquettes et cassettes par exemple) et suivront une éducation digitalisée. Et cette tendance est déjà amorcée, à en juger par cette image qui a déjà fait le tour des réseaux sociaux :

« Nos enfants ne verront jamais le rapport entre ces deux objets » (source)

Plus intéressant, un musée virtuel d’anciens objets a été mis en place sous la forme d’une série de vidéos plutôt bien produites (quoiqu’un peu froides), dont voici un exemple :

Pour la chaîne complète et l’introduction, c’est ici

Un désordre générationnel

Le sociologue Louis Chauvel parlait en 2007 de « désordre générationnel » : la jeune génération serait la première à vivre plus mal que ses parents (du moins dans les classes moyennes). Selon cette théorie, la société française serait menacée, la nouvelle génération découvrant que celle qui l’a précédée a mieux vécu qu’elle et ne lui laisse que des perspectives d’avenir faites de chômage, de dégradation de l’environnement et d’appauvrissement. Ces éléments convergent vers l’idée que la génération des jeunes actifs se trouve dans une situation de double contrainte (double bind), ayant le sentiment que peut importe ce qu’elle fasse, elle sera perdante.

La suite ?

Schizophrène, en perte de repères, mais avec un lourd fardeau, la génération Y est en quête de réenchantement. Et entre présent amer et avenir incertain, il est tentant pour elle de trouver refuge dans le passé…mais ce sera le sujet d’un autre article ! 

En complément, je vous encourage vivement à  lire ce très bon article de Nicolas Picand sur les digital natives.

 

, 6 Commentaires

Cultive également ton style avec notre ami Tostadora.fr